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Une femme enceinte meurt devant la barrière de l’HUEH sous l'oeil des medecins grevistes

Dans la matinée de ce mercredi, une femme enceinte a rendu l’âme devant la barrière d’entrée de l’Hôpital général après qu’on lui avait refusé l’admission. Dans la trentaine, cette jeune femme est morte parce qu’elle n’a pas été prise en charge par des médecins qui sont en grève depuis six semaines. Elle avait une chance, affirment les témoins. Son état vraisemblablement n’était pas grave. Elle s'essoufflait jusqu’à ce qu’elle a perdu connaissance. «  Mourir ainsi, c’est révoltant », crache Daniel, un malade hospitalisé à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH).

La population, exaspérée, remontée contre les grévistes, a organisé spontanément une manif pour exprimer leur indignation. Les manifestants voulaient accaparer le cadavre pour le montrer aux médias, mais les agents de la police nationale les en ont empêché. Ils étaient furieux. « Cela me révolte en tant que jeune de constater la façon dont les fils et les filles de ce pays meurent à cause de l’insouciance de nos autorités », a expliqué Erné Daréus, étudiant en psychologie à la Faculté d’éthnologie. 

Paralysé par un mouvement de grève des médecins résidents, le plus grand centre hospitalier du pays ne reçoit même pas les cas les plus urgents, comme cette trentenaire qui a souffert  devant la barrière de l’hôpital pendant quelques bonnes minutes avant de passer de vie à trépas finalement.

Six semaines. Depuis tout ce temps, les lignes n’ont pas bougé. Même un noyau d’urgence n’a pas été mis en place. Le bras de fer entre les autorités du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) et les médecins grévistes se poursuit au détriment de la population qui en meurt.

Lors d’un point de presse donné ce mercredi au local du MSPP, le Dr Brunel Delonnay, membre du cabinet de la ministre, a parlé du côté intransigeant des médecins. Le Dr Brunel Delonnay a expliqué que le MSPP a proposé aux médecins résidents de mettre en place une cellule d’urgence pour prendre en charge les malades. Il leur a été proposé aussi une prime allant de 15.000 à 25 000 gourdes selon leur grade dans le système. « Mais les grévistes ont tout refusé », a-t-il dit.

De leur côté, les médecins exigent un salaire de 80 000 gourdes pour les résidents et 150 000 gourdes pour les médecins de service.

Membre du comité d’appui à la résolution de la crise dans les hôpitaux publics, le Dr Brunel Delonnay précise que le ministère n’a pas les moyens de répondre à cette dernière revendication, toutefois, dit-il, le ministère va faire un plaidoyer au niveau de l’État central via le ministère de l’Economie et des Finances pour accorder une augmentation de salaire à toutes les catégories du personnel travaillant dans le domaine de la santé.

Le ministère dit s’engager à prendre en compte ou satisfaire toutes les revendications formulées par les résidents, à l’exception de la question salariale qui doit être abordée au plus haut niveau de l’État dans le prochain exercice fiscal, en octobre 2016.

Edrid St Juste source le nouvelliste